De quel vide ce livre est-il né ? – La première fissure des Lignes du Vide
- Feroz Anka
- 3 déc. 2025
- 6 min de lecture
Je n’ai pas écrit ce livre à partir d’une idée, mais à partir d’une fissure.
D’abord, le monde en moi s’est brisé, puis les phrases ont déferlé.
La vraie question est celle-ci : De quel vide sont nées Les Lignes du Vide ?
Il y avait un seul sentiment qui ne m’a pas lâché pendant des années :
Tout semblait plein, et pourtant, au contraire, je ressentais un vide intérieur.
Le calendrier était plein.
L’agenda était plein.
Les écrans étaient pleins.
Une vie tissée de notifications, d’objectifs et de listes de choses à faire…
Mais quelque part dans la nuit, quand tout le monde se taisait, quand les lumières s’éteignaient, cette chose que je ne savais pas nommer revenait:
« Avec tout ça, pourquoi rien ne suffit ? »
Les Lignes du Vide sont nées précisément de tous ces « ça ne suffit pas ».
Ce livre n’est pas l’histoire d’une réussite ; c’est le sous-produit d’une quête de sens.
C’est le livre d’une voix qui a avalé la phrase : « Il faut profiter de la vie à fond »,
tout en murmurant intérieurement : « Mais qu’est-ce que ça veut dire, être “rempli” ? »
Je n’ai pas écrit pour faire taire cette voix.
Au contraire, j’ai écrit pour pouvoir rester avec elle.
Quand j’ai regardé l’être humain d’aujourd’hui – et je m’inclus là-dedans – j’ai vu ceci :
Quelqu’un qui sait un peu de tout,
connecté à partout, mais étranger à lui-même.
Des milliers de choses attirent son attention à chaque instant ;
et pourtant, presque rien ne mérite vraiment cette attention.
Un sentiment constant d’être « en ligne », toujours « occupé », toujours « pas assez »…
Et un jour, j’ai compris :
Le nom de cette grande fatigue n’était pas vraiment « trop de travail ».
C’était un vide intérieur sans nom.
C’est exactement là que sont nées Les Lignes du Vide :
alors que j’essayais de comprendre pourquoi une vie qui paraît pleine résonne creux de l’intérieur.
J’ai écrit ce livre pour tous ceux qui se sont déjà posé la question :
« Ma vie m’appartient-elle vraiment, ou bien je ne fais que jouer un rôle qu’on m’a mis sur le dos ? »
L’une des choses qui me dérangeaient le plus, c’était ceci :
Nous ne vivons pas avec la vie elle-même, mais avec les représentations de ce que nous vivons.
L’argent devenant plus important que les besoins réels…
Le temps réduit aux « minutes » et à la « productivité »…
Le soi fragmenté en « profil », « CV », « marque », « image »…
Pendant longtemps, j’ai vécu sans remarquer ceci :
Je ne vivais pas avec la vie, mais avec la « carte » de la vie.
Le chiffre sur le compte en banque était la carte d’une prétendue sécurité.
Les validations que je recevais étaient la carte qui me faisait croire que j’étais aimé.
Mon attachement aux titres, rôles, étiquettes était la carte qui me faisait croire que je savais qui j’étais.
Mais, aussi détaillée soit-elle, la carte n’est pas le territoire.
Les Lignes du Vide n’ont pas été écrites pour froisser et jeter la carte, mais pour que, la carte à la main,
tu puisses te demander : « Où suis-je vraiment, maintenant ? »
Parce qu’un jour, une phrase très claire a traversé tout mon être :
« La réalité se cache dans le silence au-delà des symboles. »
Ce livre est une longue marche à la suite de cette phrase.
Une réponse honnête à la question : « Pourquoi l’ai-je écrit ? »...
La réponse cliché serait : « J’ai écrit pour partager ce qui s’était accumulé en moi. »
Non.
Je n’ai pas écrit Les Lignes du Vide pour les « partager », mais parce que je ne pouvais plus supporter de les porter seul.
Parce que je ne supportais plus certaines des mensonges que je me racontais…
Parce que je n’arrivais plus à respirer derrière les masques où je me cachais avec la phrase : « Je suis comme ça, c’est tout »…
Parce que mes peurs et mes culpabilités, cachées derrière les symboles et les concepts,
mes doutes, ne tenaient plus nulle part…
Je n’ai pas écrit ce livre pour me justifier, mais pour arrêter de fuir devant moi-même.
La réponse à « Pourquoi l’ai-je écrit ? » n’est pas une phrase joliment tournée :
Parce que si je n’avais pas écrit, ce vide intérieur m’aurait avalé.
Écrire n’était pas une façon de remplir ce vide, mais la seule façon de regarder en lui ensemble.
Pour qui ai-je écrit ce livre ?
La réponse officielle est claire : « Je l’ai écrit pour le lecteur. »
La réponse réelle est un peu plus nue :
D’abord, je l’ai écrit aux différents âges de moi-même.
À mon moi adolescent, qui s’est senti seul pour la première fois.
À mes vingt ans, qui disaient : « Tout le monde avance, et moi je reste au même point. »
À mon moi adulte, qui s’est perdu dans les rôles et les responsabilités…
Puis je l’ai écrit à des personnes que je n’ai en réalité jamais rencontrées, mais que je connais très bien :
À celles qui fixent le plafond avant de s’endormir et murmurent : « Quel sens tout cela a-t-il ? »
À celles qui paraissent réussies à l’extérieur, mais qui, en secret, ont honte et se demandent : « Qu’est-ce que je suis en train de faire ? »
À celles qui se sont réfugiées dans des phrases spirituelles, mais qui restent, au fond, très profondément « humaines ».
À celles qui disent : « Je veux revenir à moi, mais je ne sais même pas où revenir. »
Si, en lisant Les Lignes du Vide, tu te surprends à penser : « C’est comme si quelqu’un en moi avait écrit ces lignes », sache que :
J’ai écrit ce livre pour toi.
Mais je ne te l’ai pas écrit « d’en haut » ; je te l’ai écrit depuis le même endroit que toi, du même bord du vide.
Écrire ce livre, ce n’était pas simplement s’asseoir à un bureau.
Parfois, je n’ai pas pu écrire une seule phrase pendant des semaines.
Parce que chaque nouveau chapitre m’a d’abord éprouvé, moi.
En parlant du « pouvoir des symboles », on m’a arraché mes propres symboles.
En écrivant sur le « moi et les masques », j’ai dû affronter mes propres masques.
En interrogeant le « temps », j’ai dû regarder les moments où je restais coincé dans mon passé ;
en interrogeant l’« espace », j’ai dû regarder les lieux en moi où je n’arrivais jamais vraiment à aller.
Écrire n’était pas un exercice théorique.
Chaque chapitre a d’abord heurté un endroit de ma vie ;
il a brisé quelque chose, arraché quelque chose, rendu quelque chose.
C’est pourquoi Les Lignes du Vide n’est pas un « livre de philosophie » stérile.
C’est un texte écrit avec la poussière de la vie, avec ses regrets et ses silences.
En écrivant ce livre, j’ai compris ceci :
Nous avons toujours vu le vide comme « un manque à combler ».
Avec une nouvelle relation, un meilleur travail, quelques techniques spirituelles, quelques phrases de motivation…
Mais aucune de ces « plénitudes » n’a réussi à faire taire complètement ce sentiment de vide intérieur.
Car, peut-être, la question n’était pas de remplir le vide, mais d’apprendre à rester avec lui.
Les Lignes du Vide ont été écrites précisément pour cela :
pour voir le vide non comme quelque chose de pathologique, mais comme une partie naturelle de l’existence.
Le vide n’est pas toujours l’endroit où la vie « se perd ».
Parfois, c’est l’endroit où tous les bruits se retirent et où la vérité commence à murmurer..
Bien sûr, il existe une date technique de début pour l’écriture de ce livre.
Mais le vrai commencement n’est pas lié à une page de calendrier, il est lié à un moment :
le jour où je me suis retrouvé face à mon propre silence intérieur, dans un lieu bondé.
Il y avait du monde tout autour de moi.
Les gens passaient, les écrans brillaient, on passait des cartes;
des sons, des lumières, des publicités, des objectifs… tout était « trop ».
Et à ce moment précis, j’ai entendu cette phrase monter en moi :
« Ici, chacun court après quelque chose. Et toi, qu’est-ce que tu poursuis vraiment ? »
Je n’ai pas su répondre.
C’est là que la première fissure est apparue.
Les Lignes du Vide est le livre des questions qui ont suinté par cette fissure.
Un texte qui croit non pas au pouvoir des réponses, mais à l’honnêteté des questions.
Ce livre ne t’offre pas une réponse ; il t’offre un miroir.
Cet article de blog est ma réponse, aussi nue que possible,
à la question : « Pourquoi ai-je écrit Les Lignes du Vide ? »
Parce que le vide en moi ne se taisait plus.
Parce que les symboles et les concepts
m’aidaient moins à porter la réalité qu’à m’en cacher.
Parce que j’ai d’abord vu en moi la fatigue de l’être humain moderne.
Et parce qu’au-dessous de cette fatigue se cachait une quête de sens qui n’avait pas encore reçu de nom.
Si, en lisant ces lignes, tu as le sentiment de faire face à ton propre vide intérieur,
sache que ce texte n’a pas été écrit pour te dire : « Regarde, la solution est ici. »
Au contraire : il a été écrit pour dire : « Viens, taisons-nous ensemble ; regardons ensemble ; posons les questions ensemble. »
Les Lignes du Vide ne sont pas un aboutissement, mais le premier pas d’un chemin.
Et ce blog est le premier aveu en coulisses de ce voyage.






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